Les scénarios du contacts

 

Christel Seval consacre, dans son livre, un chapitre aux scénarios du contact. Il revient sur les types de xénocide sur la société humaine en différents degrés de gravité, puis il mentionne divers degrés de prise de contact en fonction de la nature et de la quantité des échanges qui pourraient s’établir entre l’humanité et les visiteurs. Il est possible d’établir des liens entre des causes (un niveau de contact) et des conséquences (un degré de xénocide).

 

 

Le « xénocide »

 

Quel serait l’impact du contact officiel d’une civilisation extraterrestre avec la nôtre ? A la même enseigne que l’ethnocide terrestre, le terme de « xénocide » recouvre des réalités variées. Dans « Le Plan pour Sauver la Terre », Christel Seval définit l’ethnocide, en l’occurrence ici le « xénocide », comme étant la catastrophe globale économique et culturelle résultant d’un contact prématuré avec une intelligence extraterrestre. Il revient sur le sujet dans « Extraterrestres, Contact et Impact ». Il distingue 5 degrés de xénocide.

 

Dans le cas du xénocide de degré 0, la prise en compte de l’existence extraterrestre aboutit à des remises en question intellectuelles sans remettre en jeu ni les identités culturelles, ni les équilibres socioéconomiques profonds.

 

Dans le cas du xénocide de degré 1, le choc est amorti sur le long terme et la société planétaire entre dans une nouvelle ère.

 

Dans le cas du xénocide de degré 2, le contact provoque un effondrement majeur : le système économique est atteint, les systèmes religieux « sont en capilotade », etc.

 

Dans le cas du xénocide de degré 3, c’est l’éradication des cultures terrestres, des systèmes de pensée, de l’économie, des religions et des philosophies…

 

Dans le cas du xénocide de degré 4, on a le summum de la violence, avec possibilité de disparition de l’espèce humaine ou sa rétrogradation à un âge sombre. « Il est important de noter que, in fine, les degrés compris entre 0 et 3 conduisent inéluctablement au métissage et à l’hybridation culturelle avec la ou les sociétés extraterrestres à l’initiative du contact, donnant lieu à une transformation profonde de la société planétaire, le troisième pattern de Lévi-Strauss. Le degré 4, par son amplitude, remet en question l’avenir de l’homme ainsi que ses relations avec les entités extraterrestres. » (C. Seval) (8)

 

 

J’ai évoqué, plus haut, les degrés de « xénocide », de 0 à 4. Evoquons les niveaux de contact :

 

« Le contact de niveau I correspond à une prise de conscience généralisée, par le réseau social visité, de la présence exobiotique, sans que celle-ci ne transmette aucune information supplémentaire autre que son existence ostensible. Il s’agit par exemple du survol de quelques capitales du monde par une collection d’OVNIs visibles, annonçant clairement leur origine exogène par leurs comportements cinématiques défiant les possibilités techniques de nos aéronefs, suivi de leur disparition dans l’espace.

 

Le contact de niveau II s’apparente à une visite de courtoisie. Par rapport au niveau I, il s’échange des informations de type protocolaire sous forme de transmission hertzienne ou autre, voire d’un atterrissage suivi d’une visite d’émissaires en chair et en os. Ces informations n’ont qu’un caractère superficiel, même si elles apportent la quasi-certitude d’un contact bienveillant et l’origine galactique des visiteurs.

 

Le contact de niveau III suppose l’implantation de structures d’échanges et de communications à caractère permanent ou épisodique. Des relations diplomatiques sont établies, avec représentation corporelle ou non. Des données sont échangées dans des domaines variés : culture, art, histoire, science et technologie, religion, philosophie, économie, etc. Ces données n’ont pas de caractère opérationnel, ou un caractère opérationnel limité à notre niveau de connaissance.

 

Le contact de niveau IV et + fonde sa différence sur la caractéristique des échanges. Il s’agit de transfert de connaissances scientifiques et/ou de matériel technologique. » (C. Seval) (17)

 

Christel Seval distingue en outre 4 phases temporelles : la Phase I correspond à l’événement ponctuel du contact, la Phase II correspond aux premiers mois, à la première année (sans grandes conséquences structurelles), et la Phase III dure de 1 an à quelques années, période au cours de laquelle se manifestent les turbulences les plus graves et les problèmes les plus ardus à résoudre. Quant à la Phase IV, c’est celle du post-contact.

 

On peut illustrer ainsi le contact initié par des êtres extraterrestres bienveillants : par des atterrissages devant de nombreux témoins, et/ou d’autres actions d’envergure, des OVNIS habités par des entités extraterrestres se manifestent de façon ostensible, avec des intentions pacifiques. J’ai donné, plus haut, les divers types d’impacts envisagés : sur la sphère émotionnelle et psychique, sur la sphère religieuse, sur la sphère économique, sur la sphère « politicosociale », scientifique et militaire. Une partie de l’humanité se rangerait comme alliée des visiteurs extraterrestres, pour des motifs divers (intérêt, etc.), alors qu’une autre partie de l’humanité s’opposerait à ceux-ci, également pour des motifs divers : fondamentalisme religieux, etc. Des accusations de traîtrise seraient lancées, par les opposants, contre les alliés.

 

Dans le cas d’un contact de niveau I et II, il se produira un choc culturel, de la peur et une confusion paralysante à l’instar de celle qui a saisi les Aztèques lors de la conquête espagnole emmenée par Cortès. Le contact de niveau I ou II s’apparente à une visite courtoise, à un échange d’informations superficielles et protocolaires sans engagement. Une manœuvre d’évitement, le refus d’une attitude plus engagée ou le départ des émissaires extraterrestres seraient vécus comme une catastrophe supplémentaire n’arrangeant pas les affaires humaines. Un engagement plus accru de leur part permettrait-il de redresser la situation ?

 

Dans le cas d’un contact de niveau III et +, le degré d’ingérence est bien plus élevé. Or, plus cette ingérence sera importante, plus la réaction immunitaire de rejet sera forte.

 

« L’humanité réclamera, tôt ou tard, des technologies pour l’assister, pour supporter ses nombreuses faiblesses dans les domaines cruciaux de l’alimentaire, de l’énergie et du médical. Mais le transfert d’informations scientifiques véhicule d’insoupçonnables problèmes difficilement solubles, et la fourniture directe de matériel technologique équivaudrait à déposer dans les mains d’un enfant un récipient de nitroglycérine. Une technologie avancée sans la spiritualité avancée qui va de pair est un instrument de mort. » (C. Seval) (18)

 

Au nom de quoi, si ce n’est de sa spiritualité, l’Homme aurait-il un droit d’accès à une technologie supérieure ?

 

« Alors quelles solutions restera-t-il ? Un programme plus invasif ? Des implantations technologiques militairement protégées par des extraterrestres sur le pied de guerre, décidés à repousser les révoltes et les tentatives de vol contre leurs installations ? Qui, dans ce cas, repoussera les révoltes des opposants contre les alliés, qui contiendra les guerres civiles ? Un contingent de l’ONU ? Et que vaudra-t-il, ce contingent, face à l’unilatéralisme américain ou chinois, qui jugera que ses intérêts vitaux ne coïncident pas avec les intérêts internationaux ?

 

Petit à petit, pris au piège de la spirale infernale, forcée par les événements, l’ingérence extraterrestre dérivera vers l’option ultime, la prise de commandement pour rétablir l’ordre. » (C. Seval) (19)

 

Le cas extrême de la prise de pouvoir par les visiteurs extraterrestres et de la mise sous tutelle de l’humanité (pour son bénéfice), avec xénocide de degré 3, n’interviendrait que si l’espèce humaine était en grand péril avec le risque de disparaître. C’est le seul cas où les avantages d’un tel coup de force seraient supérieurs aux dommages infligés. L’humanité devra adopter intégralement un nouveau modèle socioéconomique fonctionnant correctement (selon la loi du tout ou rien). Le patrimoine culturel humain sera préservé. Comme on ne peut pas remplacer les religions humaines par une nouvelle mystique si celle-ci n’est pas accompagnée de nouvelles bases conceptuelles (vision scientifique du cosmos), on instituera une religion unique basée sur les enseignements des maîtres terriens qui paraîtront en harmonie avec la connaissance des lois cosmiques qu’auront les visiteurs extraterrestres. Les idées ou conceptions erronées seront bannies du domaine éducatif.

 

La cote d’angoisse générale sera élevée : agressivité, terreur, suicides, flux migratoires incontrôlés… La prise de pouvoir sera ressentie comme une dictature paternaliste immorale et illégitime, et on lancera des accusations de traîtrise envers les alliés humains coopérant au programme extraterrestre. Il y aura des rébellions, des foyers de résistance, des actes de sabotage. Vaincre les fanatismes idéologiques et les réticences de tous ordres (religieuses, philosophiques…) sera une tâche ardue qui ne pourra pas être traitée sans coercition. Par précaution, aucune technologie extraterrestre ne sera donnée aux Terriens.

 

La conclusion de Christel Seval est celle-ci : quel que soit le niveau de contact, le résultat est dramatiquement identique sur la civilisation humaine qui subit un xénocide de degré 3 ou 4, c’est-à-dire l’éradication des cultures, des systèmes de pensée, de l’économie, des religions et philosophies, « un effondrement global avec un risque aigu de génocide, avec en arrière-plan la rétrogradation de l’humanité à un âge sombre, un état de faible démographie, de faible niveau de développement sur une Terre ravagée ». Il n’y a pas d’échappatoire au désastre, ajoute Seval.

 

« Quelle que puisse être la bonne volonté de l’ethnie extraterrestre vis-à-vis de nous, sa compassion et sa détermination à nous venir en aide, on assiste impuissants à une succession de crises existentielles, une cascade de perturbations qui inflige au réseau social une blessure mortelle. Pour nourrir et occuper plus de six milliards d’humains, le système actuel est en déséquilibre permanent, et c’est sa dynamique qui le maintient debout et lui confère une stabilité toute relative. Demain, un choc le renverse et bouleverse ses motivations, ses assises les plus profondes, et le système endommagé ne peut se relever. Or l’aide extraterrestre ne peut venir profiter qu’à un système socialement stable et mature. L’aide extraterrestre viendrait aujourd’hui, elle serait détournée au profit des oligarchies dominantes et non pas à celui de l’humanité. » (C. Seval) (20)

 

Si l’on songe à toutes les conséquences négatives qui surviendraient en cas de contact, on conclura à la justesse du principe de non-ingérence, et on tombera d’accord sur l’existence d’un code éthique extraterrestre.

 

« Cette éthique exige aujourd’hui, manifestement, l’absence de tout contact patent, ouvert et massif, elle fait du non-contact global (qui n’exclut pas le contact individuel, mais discret et brouillé, irrecevable en tant que preuve déterminante) une règle en respectant et en préservant l’évolution du psychisme inférieur jusqu’à ce que ce dernier accède à un certain stade de conscience.

 

La société humaine est une civilisation encore immature, elle est dépourvue de l’unité politique nécessaire à la gestion centralisée et rationnelle des ressources planétaires. Sa stabilité est remise en cause par son morcellement territorial, culturel, religieux, économique, et ses penchants destructeurs. Elle puise son énergie des ressources fossiles non renouvelables et met en danger les grands équilibres écologiques : dérèglement climatique, pollution de l’eau et des sols, diminution des boucliers naturels tels que la couche d’ozone, altération des équilibres génétiques, etc. Son réseau social hétérogène subit un nombre élevé de contraintes antagonistes sans être doté des moyens adéquats de prise de décision et de gestion rationnelle sur le long terme. Son équilibre est une compromission permanente et insatisfaisante qui pourrait voler en éclat au moindre choc perturbateur.

 

L’ambition de notre civilisation doit être l’équilibre. Pour l’atteindre, elle devra changer, devenir planétaire et stable sur le long terme. Le climat devra être suffisamment maîtrisé, ainsi que la démographie, les sources d’eau et l’agriculture. La consommation vorace des ressources non renouvelables devra faire place à une gestion pérenne des matières premières et de l’énergie. La pollution devra être jugulée et contrôlée. Les instances dirigeantes devront gouverner l’ensemble de la planète au nom de la totalité de ses habitants et au sein d’une union abolissant les conflits physiques et les drames inhumains tels que la malnutrition, l’absence de soins, l’absence d’éducation, l’inégalité sous toutes ses formes. Ce point atteint représentera la pérennité assurée de la race humaine, dans un écosystème équilibré et sain. C’est également à partir de ce stade de maturité qu’un contact avec une civilisation extraterrestre sera permis sans risque de xénocide. Judicieusement, le contact ne serait donc établi qu’à partir de cette date où les stratèges extraterrestres seraient certains de son innocuité.

 

Tout l’enjeu de notre époque réside par conséquent dans la préparation au passage, ô combien délicat, de notre civilisation au stade suivant, équivalant en quelque sorte à la préparation au contact qui, dès lors, n’aura plus aucune raison de ne pas se produire. » (C. Seval) (21)

 

Dans son précédent ouvrage, « Le Plan pour Sauver la Terre », Christel Seval avait précisé que l’ethnocide est la clé du problème « ovnien » :

 

« Tant que nous n’avons pas saisi ce qu’est un ethnocide, et donc les dangers d’ethnocide qui guettent l’humanité à la suite d’un contact, nous ne pouvons saisir ce que le comportement ovnien a de cohérent car il se positionne essentiellement vis-à-vis de ce risque majeur.

 

La voix populaire appelle de ses vœux l’apparition d’êtres plus doués que l’Homme, car elle y voit naïvement la solution de ses maux, sans discerner l’abîme de l’ethnocide. Les films et les romans ont tellement banalisé la rencontre qu’il nous semblerait parfaitement stupide de trembler en voyant débarquer des êtres exobiotiques animés de bonnes intentions. Le film ‘‘Rencontre du troisième type’’, ainsi que la filmographie hollywoodienne, ont banalisé en un demi-siècle la possibilité d’une présence extraterrestre dans nos parages. Aujourd’hui, chacun se demande pourquoi le contact ne se produit pas puisque, apparemment, nos mentalités se sont forgées en vue de cette issue.

 

De la même manière, l’argumentation utilisée pour nier l’hypothèse extraterrestre est de dire que si de tels êtres existaient ils auraient déjà envahi l’espace et pris contact avec nous. Cette argumentation a la faveur de la communauté scientifique, des grandes institutions et du public.

 

Or ces opinions sont forgées sur des raisonnements erronés puisqu’ils ne tiennent aucun compte de la véritable dangerosité d’un contact entre des êtres appartenant à une race en avance sur la route de l’évolution et l’humanité actuelle. » (22)

 

Le contact aurait des conséquences « xénocidaires », et les répercussions sur la société humaine seraient catastrophiques dans l’état actuel du réseau planétaire.

 

« Ce qui enlève au passage tout caractère de paradoxe au problème soulevé par Fermi ; la réponse ‘‘les extraterrestres sont là et se cachent’’ change alors de statut, passant de l’hypothèse presque grotesque à l’évidence même. » (C. Seval) (23)

 

8. Christel Seval, « Extraterrestres, Contact et Impact », JMG éditions, 2006, p. 129.

17. Ibid., p. 267.

18. Ibid., p. 275.

19. Ibid., p. 276.

20. Ibid., p. 279.

21. Ibid., pp. 279-280.

22. Ibid., p. 282 ; Christel Seval, « Le Plan pour Sauver la Terre », JMG éditions, 2005, p. 256.

23. C. Seval, « Extraterrestres, Contact et Impact », op. cit., pp. 282-283.

 

Source: http://nouvellevision.unblog.fr/tag/probleme-du-non-contact/