Des exemples d'ethnocides dans notre passé

Dans le cas de la conquête de l’Amérique, celui de l’Espagne des Conquistadores avec les civilisations du Mexique et du Pérou, les idoles furent détruites, les rites prohibés, les langues refoulées, et les anciens recueils de pictogrammes et de dessins furent brûlés dans un immense autodafé par Monseigneur Zumarraga, le premier évêque de Mexico. En 1500, il y avait, dans les Amériques, 80 millions d’habitants, et au milieu du seizième siècle il en restait 10 millions. A la veille de la conquête, la population du Mexique s’élevait à 25 millions, et en 1600 elle n’était plus que d’1 million. Les Espagnols commirent des cruautés inouïes, tranchant les mains, les bras, les jambes, coupant les seins aux femmes, etc. A l’instar des Aztèques, la civilisation Inca possédait un haut degré de développement. Christel Seval note que les 2 grandes sociétés (Incas et Aztèques) de la civilisation amérindienne s’effondrèrent devant quelques cavaliers espagnols « parce que de la confrontation de deux conceptions intellectuelles du monde, la plus efficace en sortit vainqueur, et la vaincue disparut, anéantie ».

 

Un autre exemple est constitué par les Indiens d’Amérique du Nord. En 1930, il n’y avait plus que 500.000 Indiens, soit, par rapport à la population existante avant l’arrivée du premier colon, une chute vertigineuse de 96%.

 

En présence de 2 civilisations différentes et inégales, la libre circulation des personnes et des biens provoque, chez la moins puissante, une série de transformations. Ce type de choc culturel provoque des dégâts irréparables et une forme certaine d’ethnocide. Christel Seval mentionne les Limbu du Népal, les Inuits, les Aborigènes d’Australie. La culture Inuit a réchappé d’extrême justesse à l’ethnocide.

 

Christel Seval évoque ce qu’il appelle le « contre exemple du Japon ». Il s’agit d’un cas de figure particulier, celui où le choc culturel n’a pas été fatal.

 

Lorsque l’Occident a rencontré des grandes civilisations de masse équivalentes à la sienne, comme dans les cas de l’Inde et de la Chine, y a-t-il eu des effets ethnocidaires à proprement parler ? L’Inde a montré sa capacité d’adaptation, la culture indienne ne s’étant pas transformée de façon brutale. Et le système économique occidental a pénétré dans toutes les strates de la vie chinoise.

 

« Ainsi tombe l’idée selon laquelle seules des confrontations hostiles ou guerrières conduisent à des ethnocides. Des activités bienveillantes, comme par exemple l’économie libérale, son système, ses règles, la libre circulation des biens et des services, qui véhiculent et imposent une culture au détriment des cultures indigènes, puisque les cohabitations sont généralement irréalisables, peuvent propager des répercussions à caractère ethnocidaire. » (C. Seval) (1)

 

 

Référence:

1. Christel Seval, « Extraterrestres, Contact et Impact », JMG éditions, 2006, p. 89.

 

 

Source: http://nouvellevision.unblog.fr/tag/probleme-du-non-contact/