Qu' est-ce qu'un Ethnocide ?

 

Le terme d'ethnocide apparaît dès 1944, comme synonyme de génocide. Raphaël Lemkin cite ce terme dans une note de son ouvrage (Axis rule in occupied Europe. Washington : Carnegie endowment for international peace, Departement of international law, 1944 ; 674 p.). Lemkin, l'inventeur du concept de génocide, considère que, sous certaines circonstances, l'ethnocide est un génocide.


 

thomasmoore


 

Le terme ethnocide voit son sens renouvelé dans les années 1970 avec la décolonisation en toile de fond. Ainsi, l'ethnologue Robert Jaulin.[réf. nécessaire] est un des premiers à l'utiliser. Georges Condominas fustige le comportement de l'armée américaine au cours du discours inaugural (Distinguish Lecture) qu'il prononce à la session annuelle de l'American Anthropological Association de 1972 et utilise le terme d'ethnocide pour décrire la disparition des Mnong Gar dans les montagnes du Sud Vietnam.

Ethnocide désigne la disparition de l'ensemble des caractères sociaux et culturels d'un groupe d'humains, la destruction de sa civilisation par un autre groupe ethnique plus puissant. Il est le plus fréquemment utilisé à propos de la disparition des cultures propres aux peuples indigènes d'Amériques.

L'ethnocide détruit l'identité culturelle d'un groupe, sans nécessairement détruire physiquement ce groupe ou agir avec violence physique contre lui (contrairement au génocide). Un ethnocide peut être la conséquence d'un changement économique ou social progressif ou d'une politique d'État, en cela ce terme peut concerner un grand nombre d'exemples.


 

Les missionnaires religieux, prosélytes de la foi chrétienne, se sont efforcés de substituer aux croyances “barbares” la religion révélée par la Bible, le paganisme devant être éradiqué « pour le salut des âmes et l’établissement de la religion du Dieu unique ». En Occident, l’ethnocide repose sur l’idée qu’il y a une hiérarchie des cultures (des inférieures et des supérieures) et que la culture occidentale occupe le sommet de cette hiérarchie. Elle ne peut donc entretenir avec les autres cultures qu’une relation de négation : ce qui est bon pour soi est bon pour les autres, et ces derniers seront humanisés malgré eux et pour leur bien. L’Occident n’est cependant pas le seul à exprimer ce racisme culturel à l’encontre des autres… Cependant, toutes les civilisations admettent la supériorité de la civilisation occidentale : le monde entier lui emprunte progressivement ses techniques, son genre de vie, ses distractions, ses vêtements.